Deuxième épisode de l'histoire. Dans Le distributeur de tracts, je racontais cette frustration d'avoir bâti une place de marché à succès que je vivais pourtant comme un échec. Voici ce que j'ai décidé d'en faire.
Une envie qui me rongeait
Pendant des années, cette idée de refaire un site internet m'a rongé. En parallèle, je faisais tourner d'autres sociétés dans le marché du conseil, et honnêtement, ça ne me plaisait pas tant que ça. La rencontre de ces deux facteurs a fini par me décider : il fallait que je m'y remette.
Mais cette fois, je voulais m'attaquer au vrai problème. Et pour ça, je devais d'abord combler une de mes plus grandes lacunes.
La compétence qui me manquait
Je n'avais jamais vraiment compris comment fonctionnaient les consommateurs. C'était ça, mon angle mort. Ce fameux côté « grand public », cette capacité à créer une expérience que les gens ont envie de vivre, je ne l'avais jamais eue.
Alors j'ai fait appel à un ami. Un excellent designer, un vrai spécialiste de l'expérience et de l'interface. Sa startup venait de faire faillite, mais son talent, lui, était intact. Je l'ai recruté, précisément parce qu'il avait ce que je n'avais pas.
Un an dans la science du comportement
On a travaillé ensemble pendant six mois sur plusieurs modèles. Puis j'ai plongé, vraiment plongé, dans l'expérience utilisateur. La véritable science de la façon dont les gens réagissent, décident, cliquent, restent ou s'en vont.
Pendant un an, on n'a pas arrêté. Des versions grand public à la chaîne, des dizaines de landing pages, des prototypes en pagaille. On testait, on observait, on recommençait. C'est en s'efforçant de tester autant de modèles qu'on finit par comprendre pourquoi les choses sont faites d'une certaine manière. Et croyez-moi, quand on découvre ces mécanismes, c'est vertigineux.
Mes dernières cartouches
Tout cela, je l'ai fait sur mes derniers deniers. Les tout derniers. C'était, très concrètement, soit ça passe, soit ça casse. Mais quoi qu'il arrive, il fallait que j'acquière cette compétence.
Ce que l'IA aurait changé
Et il faut bien comprendre une chose : tout ça se passait avant l'intelligence artificielle.
Les progrès qu'on a mis un an à accomplir, on les ferait aujourd'hui en trois mois. C'est très clair. Sauf que, et c'est là toute la nuance, on garde tout ce bagage. On a compris des choses dans lesquelles très peu de gens acceptent de rentrer, parce que ça demande de tester inlassablement, jusqu'à découvrir la mécanique cachée derrière les comportements.
C'est cet effort-là, invisible et un peu fou, qui nous donne aujourd'hui une vraie longueur d'avance.
La suite dans le chapitre trois, Le déclic : le jour où on a compris qu'on se trompait de problème.